De Pâques à Pentecôte

Il nous arrive de déployer plus d’énergie pour préparer une fête que pour la vivre. C’est ce qui arrive parfois avec la fête de Pâques. Pourtant, cinquante jours, le temps pascal, nous sont donnés pour vivre au plus profond de  nous la bonne  nouvelle de Pâques. « Ce Jésus, que vous aviez mis à mort, Dieu l’a ressuscité. » C’est bien là le cœur de notre foi, ce que l’on appelle le kérygme. Cinquante jours pour découvrir comment ce qui fait le cœur de ma foi va aussi devenir le cœur de ma vie. Cinquante jours pour accueillir le don de l’Esprit Saint.

Nous n’avons que peu d’éléments pour découvrir ce que les apôtres ont vécu pendant ces cinquante jours. On les découvre craintifs dans la chambre haute, reprenant leur ancien métier au bord du lac. Les Évangiles nous rapportent leur découverte de la présence du ressuscité à leurs côtés, comment cela a bouleversé leur vie. Nous pouvons supposer que ces cinquante jours ont été pour eux une période d’approfondissement. Ce qu’ils avaient découvert du Christ avant sa mort a alors pris sens.

Avec le récit de la Pentecôte, nous découvrons ce qu’a opéré en eux le don de l’Esprit Saint. Après la phase de découverte, d’approfondissement, qui a suivi la résurrection, ils sortent, et vont proclamer au monde entier ce qu’ils ont découvert. Ce sera l’objet du livre des actes des apôtres, que nous lisons tout au long de ce temps pascal.

Lors de l’assemblée plénière de la conférence épiscopale, fin mars, une journée et demie a été consacrée à un travail sur l’écologie intégrale, dans la dynamique de « Laudato si. » Deux chrétiens du diocèse, Diane et Arnaud, y ont participé. Le thème en était : « Produire et créer : quelle empreinte ? » Des économistes, des responsables d’entreprise, d’associations, sont venus nous partager leurs questions, leurs recherches. Quelle empreinte ont nos manières de faire sur les êtres humains que nous sommes ? Comment rendre nos entreprises davantage au service de l’homme ? C’est aussi cela l’écologie intégrale au sens du pape François.

Nous avons ensuite repris la question des abus sexuels dans l’Église. Je sais que, sur cette question, certains pensent que l’on en fait de trop.

Mais je dois avouer que, après avoir entendu des personnes victimes parler de leurs souffrances, de la manière dont elles sont encore profondément marquées des années après, ces questions prennent une toute autre dimension. C’est ce qu’essaie d’exprimer le texte des évêques aux catholiques et à tous ceux qui voudront bien le vivre, que vous trouverez en tiré à part de cette revue. Il est le reflet du cheminement qu’ont vécu les évêques depuis quelques années. Prenez le temps de le lire attentivement.

Nous sommes marqués, depuis plus d’un an, par cette crise sanitaire. Tous, nous rêvons de plus de contacts avec nos proches, de voyages, de visites dans les lieux culturels, de restaurants, de célébrations sans gestes barrières… Au moment où se dessine peut être une porte de sortie, nous pouvons nous poser la question de notre « vie d’après. » Qu’est-ce que ce temps de crise aura révélé pour nous ? Ferons-nous comme si rien ne s’était passé ? Allons-nous changer certaines de nos manières de vivre ? Allons-nous faire évoluer nos priorités ? Quels appels pour nous ? Si nous ne nous posons pas ces questions, si nous n’y apportons pas des éléments de réponse, il est sûr que nous reprendrons notre vie comme avant… en attendant la prochaine crise.

Entre Pâques et Pentecôte. Entre le moment de la prise de conscience de la résurrection du Christ, et le moment ou cela va porter ses fruits. C’est le temps liturgique que nous vivons en ce moment. Entre Pâques et Pentecôte. Entre le temps de la prise de conscience, et le moment où les fruits vont éclore. C’est le temps dans lequel nous nous trouvons pour un certain nombre de questions que nous nous devons de porter.

On dit de l’Esprit Saint qu’il fait toutes choses nouvelles. C’est Lui qui a fait que les disciples sont allés de l’avant. Au moment où des questions importantes se posent à nous, laissons-nous saisir par Lui. Il nous conduira sur des chemins que nous n’aurions peut-être pas envisagés.

Jérôme Berthier

Administrateur diocésain