Allons jusqu’à Bethleem

 

Nous voici une fois encore tout proches de Noël. C’est dans la continuité du choix de notre thème d’année pastorale « Disciple missionnaire » que nous entrons dans le mystère de l’Incarnation de Jésus. Nous savons bien que pour être disciples du Christ et missionnaires de sa Bonne Nouvelle, nous avons besoin de nous rapprocher de lui, de le rencontrer, de nous laisser pénétrer et transformer par Lui. La crèche de Noël nous offre le chemin le plus simple, le plus beau et le plus explicite pour retrouver celui qui se présente à nous comme un petit enfant dans la simplicité et le dénuement de la crèche de Bethléem, et nous laisser envoyer par Lui.

En choisissant le chemin d’incarnation que représente la crèche, Jésus nous appelle à le suivre sur les voies de l’humilité, de la pauvreté, du dépouillement qui « de la mangeoire de Bethléem conduit à la croix. » « C’est un appel à le rencontrer et à le servir avec miséricorde dans les frères et les sœurs les plus nécessiteux » (cf. Mt 25, 31-46).

Bergers

Pour nourrir notre engagement de disciples missionnaires, personnel et communautaire, les personnages que nous croisons à la crèche sont un grand enseignement et un puissant appel. Les bergers qui reçoivent l’annonce des anges disent bien l’appel qui est pour chacun. « Allons jusqu’à Bethléem pour voir l’évènement que le Seigneur nous a fait connaître »(Lc 2,15). L’engagement missionnaire n’est pas de faire mille choses, mais d’être témoins de l’essentiel, « le salut qui est donné », auprès de tous ceux qui ont besoin de cet essentiel pour vivre.

Gilets oranges

Dans les crèches, à travers lesquelles nous représentons avec ingéniosité le mystère de Noël, nous avons l’habitude de mettre de nombreux personnages symboliques, en particulier des pauvres, des mendiants. Je me rappelle que dans ma première crèche de curé de paroisse, il y avait un ouvrier nord-africain, porteur d’un gilet orange des Travaux Publics. Tous ces personnages symboliques sont eux aussi proches de l’Enfant Jésus à part entière. Ils incarnent les pauvres et les étrangers pour qui Dieu s’est fait homme, parce qu’eux aussi ont besoin de son amour.  De la crèche, Jésus a proclamé avec une douce puissance l’appel à partager avec les plus petits ce chemin vers un monde plus humain et plus fraternel, où personne n’est exclu ni marginalisé.

Le foisonnement des personnages dans certaines crèches veut signifier que l’avènement de l’enfant de Bethléem vient transformer le quotidien et donner un dynamisme nouveau et une ouverture nouvelle à notre engagement dans ce quotidien.

Les Mages venus d’Orient

Le cœur de cette crèche c’est l’Enfant Jésus qu’on y dépose la nuit de Noël. En Jésus Dieu s’est fait enfant, quelqu’un qui a adopté nos propres comportements, pour que notre vie s’insère dans la sienne et que nous devenions ses disciples. Pour certains, la route pour y parvenir a été longue. Les Mages sont partis de très loin pour rejoindre le Christ. La crèche de Noël est un grand rappel pour nous, celui de notre « responsabilité à être évangélisateurs » pour la grande diversité des hommes de notre route, témoignant par des actions concrètes de miséricorde de la joie d’avoir rencontré Jésus et son amour.

La fête de Noël est une étape importante dans notre itinéraire de disciples missionnaires. Elle nous parle de l’amour d’un Dieu qui s’est fait enfant pour nous dire combien il est proche de chaque être humain, quelle que soit sa condition. A partir de là, chacun et tous, nous pourrons inventer notre engagement missionnaire de proximité et d’amour.

A tous donc un Noël joyeux et dynamique qui stimule notre désir d’aller à la rencontre de tout homme pour partager avec lui la beauté du mystère de Dieu fait homme.

 

+ Marc Stenger

Evêque de Troyes

 

Citations de la Lettre apostolique du Pape François : « Le Merveilleux Signe de la Crèche ».