Carême 2018 – Chemin de lumière, source de chaleur

Il y a peu de temps, nous avons vécu, dans notre diocèse, le beau rassemblement des jeunes « Brille ». Les jeunes étaient très nombreux, mais beaucoup d’adultes étaient aussi associés avec eux pour accueillir la lumière du Christ et partager avec eux la joie de l’Evangile.

Le froid et le chaud

Nous entrons maintenant en Carême. Ce thème de « Brille », d’une lumière à recevoir et à transmettre est un bon support pour le vivre. Dans son message pour le Carême 2018, le pape François a choisi l’image du froid et du chaud, mais nous sommes dans la même logique que celle de l’obscurité et de la lumière. Notre cœur risque de se refroidir, de s’obscurcir lorsque nous nous laissons prendre par des choses sans véritable valeur. Le pape cite l’avidité de l’argent qui nous plonge dans le refus de Dieu et la violence à l’égard de ceux qui menacent nos attentes. Il cite le détournement de la création, terre, mer, air, à d’autres fins que celles de la louange du Créateur. Il cite le choix de l’isolement, le pessimisme stérile et la recherche de son seul intérêt personnel.

Ce sont des « refroidissements » qui nous guettent tous et qui sont à l’encontre de cette invitation à être des « lumières » à la suite du Christ.

Prière

Il nous faut du temps pour approfondir notre lien au Christ lumière. Le Carême nous offre ce temps. Cela ne doit pas être un temps d’appauvrissement de ce que nous vivons, mais d’enrichissement. Donnons-nous davantage à la prière, nourrissons-nous de la Parole de Dieu, retrouvons-nous en communauté pour accueillir Celui qui nous aime. Saisissons toutes ces traces lumineuses, toutes ces sources de chaleur qui nous sont offertes pour sortir de notre nuit.

Partage

Il est bon aussi que nous nous libérions de nos avidités. Le Carême est là non pas pour nous priver, mais pour nous déposséder, pour nous aider à découvrir que ce que nous possèdons n’est pas seulement nôtre. Ceci nous permet de relativiser tous ces biens de consommation qui en temps ordinaire obscurcissent quelquefois notre univers, parce qu’ils prennent toute la place. Cela devrait aussi nous permettre de découvrir que le plus grand bien qui est à notre disposition n’est pas un bien de consommation mais de savoir que l’autre est mon frère.

Nos vraies faims et nos vraies soifs

Une autre source d’illumination enfin est de nous rendre compte où sont nos véritables faims et nos véritables soifs. Dans les temps que nous vivons nous sommes de plus en plus au contact de pauvres, de réfugiés, de migrants, de marginaux, y compris quand nous refusons de les voir. Eux manquent du strict nécessaire.

Mais ils ne sont pas seulement affamés de pain : ils sont affamés de bonté et assoiffés de vie. N’en est-il pas de même pour nous ? Nous pouvons nous faire illusion. Que le Carême soit un temps où nous pouvons découvrir grâce à eux de quoi, de qui nous avons-nous-mêmes faim et soif.

Au bout du chemin, c’est le « feu nouveau » de Pâques, la lumière du Christ qui chasse les ténèbres et qui permettront à notre cœur de « redevenir brûlant de foi, d’espérance et de charité ».

+ Marc Stenger

Evêque de Troyes

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