Au service de l’humain : l’école catholique

 

Le dossier d’Église dans l’Aube de ce mois porte sur l’«enseignement catholique». Même si, dans notre diocèse, nous sommes loin des chiffres des effectifs que comptent les écoles catholiques en Bretagne ou dans le Nord, la réalité de cet enseignement n’est pas négligeable chez nous non plus : un nombre substantiel d’enseignants, des adjoints en pastorale, des religieux, des religieuses, des diacres et des prêtres consacrent une partie de leur énergie à faire vivre des établissements dont la caractéristique n’est pas qu’on y enseigne le catéchisme, mais qui vivent des réalités pas tout à fait identiques à celles de l’enseignement public.

 

Quoi de particulier ?

Il serait malvenu de faire des comparaisons, des classements entre établissements, mais peut-être peut-on se redire un instant ce qui fait vivre ceux qui relèvent de l’enseignement catholique. Car la différence se situe plutôt là, les programmes traités sont identiques, les astreintes liées aux directives de l’Éducation Nationale ne sont pas différentes, les critères professionnels de recrutement et le cursus des carrières suivent en gros les mêmes règles que dans le public. Où est alors la particularité ? Je pense qu’il ne faut pas parler de particularité. Toutes les écoles, quelles qu’elles soient, ont mission éducative et essaient de remplir cette mission le mieux possible. Mais alors, pourquoi des parents qui n’ont pas de liens avec notre Église optent pour mettre leurs enfants dans une école catholique ? Il y a sans aucun doute la réputation de la qualité de l’enseignement qui y est donné. Cet enseignement fait place à toutes sortes d’initiatives pédagogiques, de la créativité pour transmettre ce qui est nécessaire aujourd’hui à un jeune si l’on veut qu’il grandisse : la valorisation des différences comme enrichissement des relations, le respect de chaque personne et de chaque parole, le soin de l’intériorité des jeunes comme lieu de vérité profonde qu’il faut les aider à rejoindre, l’apprentissage de la gratuité et de l’émerveillement qui essaie de s’opposer à la frénésie de la réussite sociale, l’ouverture au vivre et au réussir ensemble.

 

L’ADN de l’école catholique

Les écoles catholiques n’ont pas forcément le monopole de ces valeurs, mais ces valeurs sont constitutives des écoles catholiques, elles sont leur ADN et, de ce fait, forment un jeune qui sera préparé à apporter quelque chose à la société dans laquelle il va entrer mais aussi elles lui ont permis d’y entrer.

L’école catholique a vocation à apprendre au jeune la gratitude, la reconnaissance pour ce que la société lui donne.

Notre diocèse est en partenariat avec celui de Djibouti. Je suis frappé de ce qu’à Djibouti, société à, au moins, 98% musulmane, l’Église catholique s’identifie principalement par ses écoles. Elle montre ainsi que ce service de l’accroissement humain, elle ne doit pas le rendre seulement en terre chrétienne, mais que c’est sa contribution à la préservation de notre maison commune.

 

+ Marc STENGER

Evêque de Troyes