Devoirs  de vacances

 

Beaucoup se réjouissent de la pause de l’été, même si tous n’ont pas la possibilité de partir en vacances. Les vacances, c’est un temps d’arrêt, un changement de rythme, la possibilité de s’ouvrir à des réalités nouvelles, de sortir du cadre habituel, de changer, quand c’est possible, d’environnement. Mais encore !

Si vous interrogez des personnes sur ce que représentent pour elles les vacances, vous aurez des définitions très variées qui peuvent aller jusqu’à l’extrême : ne rien faire ou alors ne faire que ce qu’on a envie de faire. Toutes les définitions sont respectables, mais ne sont pas sans nous mettre face à des questions : si on ne veut faire que ce qu’on a envie de faire, encore faut-il savoir ce qu’on a envie de faire, mais de façon à ne pas se lasser, car les envies sont rarement durables, y compris celle de ne rien faire. Un grand devoir pour nos vacances sera donc de définir nos envies mais de manière qu’elles puissent non seulement nous satisfaire, mais encore nous motiver, nous donner de la joie, nous construire. Ce qui veut dire que les vacances, ce n’est en aucune façon le vide ou l’à-peu-près vide, ni le remplissage artificiel, mais c’est un temps béni qui procure du bonheur et pour trouver ce bonheur, on n’est pas absolument obligé d’aller « rôtir » sur une plage à la mode ou choisir une destination de voyage lointaine dans un catalogue sur papier glacé.

Essayons donc de regarder ce qui nous procure vraiment le bonheur, car c’est là qu’est l’enjeu de vacances réussies. Dans le petit catalogue de « déplacements » qui suit et qui n’est pas exhaustif, je souhaite que vous vous retrouviez un peu :

– prendre le temps, le temps de vivre, le temps de goûter ce qui vous est offert chaque jour, en vous rappelant que c’est Dieu qui vous l’offre,

– ouvrir les yeux sur votre environnement, sur les personnes que vous côtoyez, sur les évènements heureux (ou malheureux) qui adviennent et louer Dieu pour le don de sa création et de ses créatures.

– être accueillant à ce qui est nouveau et qui soudainement fait irruption dans votre vie. Il y a là une belle source d’enrichissement, de croissance et donc de bonheur

– ne pas en rester à la surface des contacts, des découvertes, de la réflexion, mais s’efforcer de mieux connaître, de se documenter davantage, d’approfondir la réflexion

– donner du temps à Dieu, lui qui est sans cesse à nos côtés, sans que nous nous en rendions toujours bien compte. Il nous rencontre de mille manières, par toute sorte de signes qu’il nous donne. C’est le moment de trouver, nous aussi, une manière de le rencontrer et de faire route avec lui.

Quelles que soient les modalités concrètes de vos vacances, tout ce qui précède est possible et peut être pour vous une grande source de bonheur. A condition de se rappeler que le véritable bonheur se vit toujours dans le partage avec l’autre, car il ne nous est pas donné pour thésauriser la félicité, mais pour en faire bénéficier tous nos frères humains.

+ Marc Stenger

Evêque de Troyes

 

 

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