« Ecoute, il t’appelle »

La journée de rentrée diocésaine, samedi 29 septembre, s’est terminée par la magnifique célébration de l’ordination de deux diacres en vue du sacerdoce, Juan Camilo et Daniel. Ces deux jeunes de l’archidiocèse de Medellin vont maintenant rentrer chez eux pour se préparer à l’ordination presbytérale. Dans la procession d’entrée, je me faisais la réflexion : « Voilà une ordination très belle avec beaucoup de chrétiens et de prêtres de notre diocèse, et pourtant Juan Camilo et Daniel « ne sont pas pour nous », même si l’un d’entre eux reviendra peut-être chez nous comme prêtre. Tous ceux qui sont là se sentent très concernés par ce qui se passe ». Pour un futur prêtre, il est important d’avoir conscience qu’il vient d’une terre et d’un peuple, mais il est un trésor de toute l’Eglise. Nous pouvons certes regretter de n’avoir pas plus de vocations presbytérales ou religieuses chez nous, mais dans l’Eglise et le monde de ce temps, le trésor n’est pas épuisé, ce qui doit nous conduire à changer peut-être la perspective de notre prière pour les vocations.

Nous ne prions pas simplement pour avoir des prêtres chez nous. « Ecoute, Il t’appelle », tel est le thème que nous avons retenu pour notre année pastorale. Dieu ne cesse d’appeler. Il appelle partout et toujours. C’est cet appel que nous devons aider à reconnaître, et que nous devons reconnaître pour nous-mêmes. C’est un appel universel qui veut rejoindre tous les cœurs. Il ne s’agit donc pas de prier seulement pour l’augmentation des vocations chez nous, il s’agit de prier pour que le trésor de l’appel de Dieu nourrisse de son dynamisme l’Eglise et le monde. Et à partir de là, nous pouvons être sûrs que d’une manière ou d’une autre, nous serons tous bénéficiaires de la bienveillance de Dieu.

Il t’appelle

« Ecoute, Il t’appelle ». Le plus important dans cette apostrophe, c’est : « Il t’appelle ». Ce dont nous devons nous réjouir, ce qui doit sans cesse nous stimuler et nous encourager, c’est de savoir que Dieu appelle. C’est cet appel qui est la source et le fondement de la vie de notre Eglise et de nos communautés. C’est cet appel qui doit être le moteur de nos engagements. On peut donc dire que Dieu ne nous donne pas seulement des prêtres, il nous donne son appel qui est destiné à faire bouger l’Eglise et chacun d’entre nous. Cet appel n’est pas simplement une affaire individuelle. C’est lui qui est le trésor de l’Eglise, un trésor précieux foisonnant, dont les bénéfices « ruisselleront » (pour employer un mot à la mode aujourd’hui chez certains économistes) jusqu’à nous tous. Sauf que là, il ne s’agit pas d’une simple théorie. La grâce du Seigneur se répand en tous points de la terre, et pénètre les cœurs et les consciences. Voilà pourquoi il sera un mot très important aussi pour nous cette année, car il nous appelle à la disponibilité face à la générosité du don de Dieu.

Deux impératifs

On pourrait sans doute dire qu’au commencement de cette année, nous sommes devant deux impératifs. Dieu ne cesse jamais de nous écouter. Il nous encourage donc à « demander ». Mais encore faut-il savoir clairement ce que nous demandons, quand nous demandons d’avoir des prêtres. Dieu ne cesse jamais non plus d’« appeler ». Son appel est un don qui nous est fait pour soutenir notre engagement de baptisé. Aussi nous faut-il avoir les mains ouvertes et le cœur libre pour l’accueillir.

 

+ Marc Stenger

Evêque de Troyes

 

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