Disciples missionnaires

 

Nous avons vécu ces derniers temps dans notre Église diocésaine plusieurs évènements qui sont l’attestation de sa vitalité. Parmi eux, je cite volontiers la kermesse diocésaine au cours de laquelle nous avons célébré non seulement notre Sainte troyenne, Sainte Marguerite Bourgeoys, et cette terre du Québec où elle a porté l’Évangile, mais aussi le dimanche du Migrant et du Réfugié, moment de prise de conscience de la place à donner par la communauté à des frères qui arrivent de périphéries proches et lointaines, et que nous sommes appelés à accueillir, en reconnaissant le Christ dont ils sont porteurs.

 

Rentrée diocésaine

Nous avons vécu aussi la journée de rentrée diocésaine, qui nous a permis de décliner ce grand thème que nous avons choisi pour notre mobilisation pastorale de cette année. Les occasions ne manquent pas et les appels non plus, pour nous mettre face à l’exigence essentielle de notre condition de baptisé qui est d’annoncer, animés par l’Esprit, l’Évangile de l’amour de Dieu pour tous les hommes. Dans la situation de l’Église d’aujourd’hui face à ses pauvretés en hommes, en ressources, nous avons pu prendre conscience au cours de cette journée que notre richesse est le Christ. Nous pouvons avec lui ouvrir des chemins nouveaux, ne pas nous contenter d’assurer le confort spirituel de quelques-uns, mais créer une dynamique missionnaire qui doit tous nous mettre en route et nous donner l’audace d’inventer des manières nouvelles de rejoindre les hommes et les femmes de ce temps. C’est un travail de longue haleine, mais qui concerne tout le monde, ministres ordonnés, religieux, religieuses, consacrés et laïcs. Nous devons tous devenir disciples missionnaires apportant l’Évangile que nous avons reçu aux hommes et aux femmes de notre temps, reconnaissant en eux la présence de l’Esprit du Christ qu’il s’agit de leur faire découvrir pour en vivre. Cette perspective missionnaire appelle de notre part une véritable conversion, à la lumière de la Parole de Dieu, de la vie sacramentelle, de la charité fraternelle. Ce n’est pas d’une Église mieux huilée, mieux organisée que nous avons besoin, mais d’une Église qui sort de ses cadres, qui se laisse envoyer par le Christ vers le monde, qui se laisse dépayser, renouveler par ceux pour qui elle est en sortie, comme a pu le vivre en son temps Sainte Marguerite Bourgeoys.

C’est dans la même disposition que cette Église entre au plan universel dans le Synode sur l’Amazonie, comme cela est évoqué dans ce numéro d’« Église dans l’Aube ». L’esprit missionnaire appelle l’audace d’entrer dans le dynamisme de l’Esprit qui fait toute chose nouvelle. Qu’être disciple missionnaire ne soit pas un simple slogan, mais pour nos propres cœurs et nos communautés la volonté de mettre en route des manières de faire et des projets – nous en avons inventorié un certain nombre à la journée de rentrée diocésaine – qui donnent un souffle nouveau à notre « être d’Église.»Notre Église diocésaine doit s’en donner les moyens en faisant de chaque communauté, quelle qu’elle soit, une communauté missionnaire, riche du Christ et au service de la croissance spirituelle de ses frères.

+ Marc Stenger

Évêque de Troyes