Afin de vous accompagner spirituellement, les prêtres du diocèse vous proposent des prières, des méditations spirituelles…

Samedi 28 mars

Père Didier Noblot, curé de la paroisse de Nogent-sur-Seine, propose un billet spirituel en lien le 5eme dimanche de Carême

Vivre c’est donner !

Dans les lectures proposées aux messes, il s’est passé quelque chose depuis lundi dernier. Pour les dernières marches vers Pâques, les textes ne sont plus du côté ni des efforts ni des privations, mais du côté de l’appel à la vie et à la résurrection. Le prophète Ezéchiel rappelle au peuple que Dieu est Celui qui fait vivre. Il fait sortir des tombeaux. St Paul renchérit, Dieu qui a redonné la vie à son Fils Jésus nous la redonnera à nous aussi. La guérison de Lazare est explicite, tout nous oriente vers la vie ; et ne nous trompons pas la vie c’est de donner !

Mais donner n’est-ce pas perdre ?

On pourrait penser que donner c’est perdre, puisqu’une fois l’objet donné, je ne l’ai plus. Avec les enfants qui découvrent la propriété privée, que c’est difficile de partager un jouet, que c’est compliqué de rendre ce que l’on nous a prêté !

Et pourtant, il n’y a pas de vie ensemble sans jouer à qui perd gagne. Pas d’engagement social sans perdre du temps, ou plutôt sans donner du temps à l’autre, aux autres. Pas de disponibilité sans dépossession, pas de partage sans que cela coûte, pas d’écoute sans faire taire en soi ce que l’on voudrait dire.

Donner c’est gagner…

Nous en faisons l’expérience le don est source d’un gain plus grand encore. On est plus heureux à donner qu’à recevoir, cela me fait plaisir de vous faire plaisir. Ces expressions ne mentent pas et rejoignent notre expérience de rencontres vraies. Et si, comme le dit le philosophe, « le plus court chemin vers la joie inconditionnelle passe par le don de soi », nous pourrions nous interroger : depuis ce temps de carême et plus encore depuis les débuts du confinement qu’est-ce que je donne aux autres ? Qu’est-ce que je reçois d’eux ? Le cas échéant, n’oublions pas alors de leur dire merci !

Ainsi qu’une prière (auteur anonyme)

Accepte chaque nouveau matin comme un cadeau,
Comme un don et quand cela est possible comme une fête.

Le matin ne te lève pas trop tard !
Regarde-toi dans la glace
Souris-toi à toi-même et dis-toi bonjour.
Tu auras alors un peu d’entraînement pour le dire aux autres !

Et si tu veux vivre au soleil,
Tu peux toi-même le fabriquer.

 

Prends une bonne portion de bonté,
Ajoutes-y beaucoup de patience :
Patience avec toi-même,
Patience avec les autres,
Patience devant les événements.
N’oublie pas le soupçon d’humour,
Qui fait digérer les contretemps.
Mélanges-y une bonne dose d’ardeur au travail,
Et verse sur le tout, un grand sourire.

Et tu seras illuminé par le « Soleil du Jour »
Le Soleil de Pâques, le jour qui vient, le jour de la Vie.

Mercredi 25 mars

Père Emmanuel Leroux, prêtre de la paroisse Saint Martin, propose son homélie

Père Didier Noblot, curé de la paroisse de Nogent-sur-Seine, propose un billet spirituel en lien avec l’Annonciation

Le 25 mars, l’Eglise célèbre l’Annonciation du Seigneur Jésus. Avec cette fête, l’Église honore une fête conjointe : l’Incarnation du Christ et la disponibilité de Marie dans une magnifique fête mariale, méditant l’Evangile de l’Annonciation (Lc 1, 26-38). Le nom actuel de la fête fut fixé par Paul VI. Le 25 mars est séparé de neuf mois de la naissance du Christ et se situe à l’équinoxe de printemps. Cette fête est née en Orient au 5ème siècle, puis diffusée par l’Empereur Justinien (vers 530-550) et par le pape Serge Ier. Cette fête est toujours célébrée en Carême. Lorsqu’elle se trouve la semaine sainte, elle est déplacée le lundi, 8 jours après Pâques.

Dans le récit de l’Évangile, St Luc se concentre sur l’attention que Dieu porte à Marie. « Je te salue Marie… » Dans cette rencontre, Dieu a l’initiative. Il appelle Marie mais Il attendra sa réponse. Dieu vient libérer notre liberté. Il permet nos réponses sans les contraindre. Dans le dialogue avec l’Ange, Marie est invitée à se situer comme partenaire. Elle se présente comme la servante dans une totale offrande mais non sans absence de liberté et de consentement. Marie est troublée, mais libre et donnée.

 

Ainsi qu’une prière (D’après Claude Brehm, religieux spiritain)

Marie,
Il a suffi qu’un jour te parviennent les mots
De l’ange Gabriel qui s’invitait chez toi
Pour qu’aussitôt s’éveille au plus profond de toi
Le désir de servir ce Dieu qui t’appelait

Heureuse es-tu Marie d’avoir su dire oui
Au projet inouï du Dieu de tes parents
Celui qui habitait le chant de ton enfance
Echo d’une espérance venue du fond des temps

Nous voulons avec toi entendre les appels
De Dieu qui nous visite au cœur de cette crise.
Les Galilée du monde, les déserts infertiles
Attendent ceux qui diront oui.

Mardi 24 mars

Lundi 23 mars

Samedi 21 mars

Père Didier Noblot, curé de la paroisse de Nogent-sur-Seine, propose un billet spirituel en lien avec l’évangile du 4ème dimanche de Carême, St Jean chapitre 9, 1-41

Au cœur du Carême comme pour faire une pause au terme de cette première semaine de confinement nous vivons la mi-carême, le dimanche en rose nous invite à quitter l’austérité pour la joie, les ténèbres pour la lumière, la mort pour la vie, l’échec pour la victoire ! En ces temps difficiles ces invitations résonnent comme autant d’appels à l’espérance. Mais revenons à la page d’Evangile.

Les aveugles ne sont pas toujours ceux que l’on croit !

Devant le miracle de la vue retrouvée, devant ce signe clair et éclatant regardez les différents personnages.

Les voisins, ils sont curieux, ils posent des questions, enquêtent mais retournent vite à leur ouvrage. Faut pas se compliquer la vie !

Certains pharisiens, ils sont divisés, tout est bon à polémique, conflits, oppositions !

Les parents, pourtant bien placés, ici ils se dérobent.

Ces personnages de la scène de l’Evangile refusent de voir ce qui crève les yeux ! Ils sont enfermés dans leur certitude et ne voient pas.

Et puis il y a l’aveugle, simple et loyal, il ne se casse pas la tête pour savoir ! Je ne voyais pas, maintenant je vois, c’est une bonne chose. Il invite à passer de la reconnaissance du signe à la profession de foi. Au moment où certains s’enferment dans leur cécité, l’aveugle progresse vers la lumière. Au moment où nous sommes cloitrés, nous revisitons nos relations !

Et si l’aveugle c’était nous

Nous sommes invités à passer de la nuit à la lumière, de l’ignorance à la rencontre, de la peur à la confiance, du rejet à la foi. En ces jours de Carême, journées qui peuvent nous permettre de raviver notre foi nous sommes plongés à nouveau dans la joie de notre baptême. Nous sommes parfois aveugles devant les signes. Qu’ils soient grands comme l’intelligence de l’homme et sa générosité, comment ne pas penser à celle des soignants qui s’exposent pour les autres, ou que ces signes soient plus modestes comme les services reçus, la gentillesse offerte, un pardon donné. Pourquoi sommes-nous parfois aveugles ? Ce qui manque ce ne sont pas les signes, mais parfois les yeux pour les voir…

Nous n’avons pas à nous culpabiliser, les raisons de nos aveuglements sont nombreuses. Déjà tout ce qui nous accable dans nos existences : pour des parents quand leurs enfants vont mal c’est comme s’ils étaient tués à petit feu, nos propres détresses, souffrances, accablements sont autant de situations qui assombrissent la vie. Pour d’autres il y a leur peur d’oser croire et si Dieu c’était vrai, je devrais changer de vie. Pour d’autres encore ils sont déstabilisés devant le problème du mal, des malheurs et de la mort. La crise que nous traversons apportent son lot de questions.

Vivons en enfants de lumière

L’invitation de ce dimanche est finalement assez simple à dire, immensément difficile à vivre ! Devenons des voyants de l’action de Dieu aujourd’hui, et des phares pour les autres.

… ainsi qu’une prière:

Alors que le Coronavirus impacte nos vies sociales, notre prière monte vers toi Seigneur pour tous ceux qui souffrent de la maladie, ceux qui les soignent jusqu’à l’épuisement, ceux qui servent la population par leur engagement professionnel, nous n’oublions pas tous celles et tous ceux qui se faisaient une joie d’être baptisés durant les fêtes de Pâques, Seigneur entends la prière qui monte de nos cœurs.

Vendredi 20 mars

Jeudi 19 mars

Mercredi 18 mars

Père Didier Noblot, curé de la paroisse de Nogent-sur-Seine, propose un billet spirituel…

Saint Joseph est célébré demain jeudi 19 mars. La lecture de la messe (Evangile de Matthieu chapitre 1, versets 16 à 24) nous présente la vocation de Saint Joseph. Magnifique récit dans lequel Dieu appelle Joseph à la confiance : ne crains pas. Joseph, l’homme juste et fidèle accepte de se laisser bouleverser par l’inédit de l’appel de Dieu. Il est une figure inspirante en ce temps de crise. Devant cette expérience nouvelle, Joseph doit inventer une nouvelle vie avec Marie, sa promise. Il doit développer une nouvelle vie spirituelle. Le oui qu’il fait à Dieu ne l’éloigne ni de celle qui porte l’enfant, ni des autres. Pour notre prière, seule ou à partager en famille, nous pouvons nous demander et échanger sur tout ce qui change dans nos relations en ces premiers jours de confinement et à quels appels suis-je invité à être attentif.

… ainsi qu’une prière:

Alors que le Coronavirus impacte nos vies sociales, notre prière monte vers toi Seigneur pour les victimes, les malades, les soignants, les isolés. La lutte contre cette pandémie est un acte de charité, inspire nous Seigneur des comportements solidaires.

 

Père Laurent Thibord, curé de la paroisse Saint-Joseph Saint-Martin:

Deutéronome 4, 1/5-9, Psaume 147/Matthieu 5, 17-19
Connaissez-vous « Simhat Torah » ? En Hébreu, cela signifie « la Joie de la Loi ». C’est une fête juive au cours de laquelle on peut danser avec dans les bras… les rouleaux de la Loi ! Nous, nous imaginons plutôt la Loi comme un joug pesant, ou comme un corset étouffant ! Les deux lectures d’aujourd’hui nous invitent à esquisser quelques pas de danse avec la Loi, à redécouvrir que la Volonté de Dieu est une Loi de vie inscrite en nous…
« Garde-toi de jamais oublier ce que tes yeux ont vu ». La Loi maintient notre mémoire éveillée ! Les 10 commandements nous rappellent que nous avons été libérés de l’esclavage, et que nous avons à veiller sur cette liberté ! D’ailleurs, nous ne devrions jamais réciter les 10 commandements sans réciter d’abord cette petite introduction narrative : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage. » (Ex 20,2). Vivre les 10 commandements, c’est se souvenir de la libération, c’est se souvenir que « le Seigneur est notre Dieu » !
Et de la même façon, les béatitudes, données par Jésus, nouveau Moïse, sur une nouvelle montagne, sont un rappel du baptême de Jésus et de notre baptême : « tu es mon enfant bien-aimé, en qui je mets toute ma joie ». Obéir aux lois, c’est se souvenir de ma dignité infinie d’enfant de Dieu… et aussi que celui qui est face de moi est lui-aussi la perle de Dieu, la source de Sa joie !
La loi du Seigneur est aussi notre sagesse. « Ces décrets et ces ordonnances seront votre sagesse et votre intelligence aux yeux de tous les peuples ». Le mot « sagesse » est un mot à tiroirs : la sagesse, c’est la saveur des choses, le goût des autres, le sel de la vie. C’est aussi le savoir-faire, l’art d’ajuster, la juste gestion du temps. C’est, mieux encore, le savoir-être, l’art de vivre, un style de vie, qui interpelle les autres, qui leur donne envie d’entrer en contact. « Que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »
Le peuple juif était le plus petit de tous les peuples, et même si les Hébreux ont été courageux, ils perdaient souvent au combat. Ce qui en faisait la lumière des Nations, c’est leur savoir-vivre, leur capacité à rester fidèles à leur Dieu, même quand leur Dieu semblait vaincu, le fait qu’ils aient aimé l’amour de Dieu plus que la vie ! Il en va de même pour la petite troupe qui suivait Jésus : ce n’étaient ni les plus nombreux, ni les plus intelligents, ni les plus forts. Mais les gens qui les voyaient vivre s’exclamaient : regardez comme ils s’aiment !
Et puis la loi du Seigneur nous prépare à l’avenir : Moïse dit qu’elle prépare à la vie en Terre Promise. Et Jésus dit qu’elle nous prépare au Royaume de Dieu. La loi est écrite au futur (« tu ne tueras pas »…) car elle est toujours une promesse : même si nous peinons à la vivre aujourd’hui, elle nous entraîne plus loin. Les rubriques minutieuses de nos liturgies, les règles de savoir-vivre, les lois de la politesse, le code de la route, les précautions sanitaires, tout cela nous apprend le respect de nous-mêmes, le respect des autres, le respect des choses et du temps, et donc le respect de Dieu !
Mais il y a aussi dans la loi quelque chose qui écrase notre ego, une espèce de mort à notre fierté. Souvenons-nous des mots de Claudel : « Je ne suis pas venu abolir la Loi, mais l’accomplir… Le Fils de Dieu n’est pas venu pour abolir la souffrance, mais pour la remplir de sa présence »

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