Relire une année pandémique

Quelle année ! La gestion de la pandémie de la Covid 19 aura largement marqué la vie sociale et économique de tous les pays du monde. La France n’a pas échappé à de nombreux bouleversements. Au cœur des confinements et des déconfinements, il a fallu s’adapter, s’ajuster, inventer, et autant que faire se peut, garder des liens et développer des projets.

La vie de l’Église a été largement touchée. Il y a eu l’impossibilité de se rassembler, la difficulté à célébrer l’eucharistie, les célébrations de mariages et de baptêmes différés et que de peine pour entourer les défunts et les familles endeuillés en toute petite assemblée… Que de dynamiques saccagées ! Mais ce fut aussi l’occasion de déployer de nouvelles modalités pour garder, voire, déployer les relations. Les outils numériques, les écrans, les courriers, les courriels, les billets spirituels, les visites, les visioconférences ont été largement sollicités. Dans le diocèse de Troyes, comme souvent ailleurs, les prêtres avec les équipes pastorales paroissiales, les responsables des services et des mouvements se sont employés le mieux possible à dynamiser la vie missionnaire du diocèse. L’évêque de Troyes est en ce moment en rééducation après un AVC, les nouvelles sont très encourageantes. Avec l’ensemble de ses Conseils, Il a passionnément accompagné les projets du diocèse malgré les aléas des confinements successifs. Aujourd’hui, la préparation de Noël nous convoque à être mieux que jamais disciples-missionnaires.

Vivre l’Avent

La prière chrétienne invite à vivre en Avent, dans une démarche consciente, inédite et novatrice. Il y a quelques semaines nous sommes entrés en Avent, comme on entre dans une nouvelle demeure. Cette année, nous vivons l’attente de Noël dans un climat de crises aux multiples facettes. Les chrétiens, loin de rester les bras ballants, comprennent, à la lecture de la Parole de Dieu, qu’attendre c’est être en mouvement.

Attendre c’est agir. « Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin, s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! » Marc 13, 35- 37. Dans ce sens, il est important de ne pas confondre action et réaction. Là où la réaction est commandée par le ressentiment, l’action cherche de nouvelles voies marquées par l’imagination, la créativité et la solidarité.

Pour ce qui est de la vie en Église, loin de viser le moindre mal, choisissons le mieux possible. Dans le respect des règles sanitaires, nous pouvons poursuivre le chemin d’annonce de l’Évangile. Nous le savons, Noël est l’accueil du Seigneur, la lumière du monde.

Arriver à la Crèche

Cette pandémie mondiale en cette année 2020ous rappelle notre grande fragilité biologique et sociétale. Ces semaines d’Avent-Noël nous renouvellent dans notre confiance en Dieu et dans l’engagement à Le servir dans la présence aux autres. Chaque Avent, chaque nouvelle fête de Noël, est donc l’occasion de se rappeler que le cœur de l’expérience chrétienne est la rencontre personnelle de Jésus.

C’est cette rencontre qui produit dans notre vie, la joie. Cette joie est communicative, elle fait de chaque baptisé un témoin. Noël est une annonce de la foi. A la Crèche, il s’agit de l’exprimer par la force de la charité. Comme jadis, parents, bergers, aubergistes, restaurateurs, éleveurs d’ânes et de bœufs mages-migrants d’Orient, Noël c’est l’histoire toujours neuve d’un peuple qui se retrouve dans sa différence devant la crèche de Bethléem pour recevoir le don de l’Espérance.

Jérôme Berthier, vicaire général François Cacheux et Cécile Legris, secrétaires du conseil diocésain de pastoral (CDP)

Didier Noblot, secrétaire du conseil presbytéral (CP)