Aux diocésains de l’Aube
 

Bien chers amis,

En cette fête de la Toussaint, nous voici de nouveau entrés dans un temps difficile qui n’est pas sans provoquer un certain nombre de réactions de refus, de protestations, de peurs. Je n’ai pas de peine à comprendre ces malaises. Nos vies sont une fois encore bouleversées. Mais nous, chrétiens, ne sommes-nous pas invités aussi à découvrir le sens de ce qui nous arrive, à ne pas nous contenter de revendiquer pour la liberté de culte mais à mesurer les enjeux d’une telle période : enjeux de proximité avec tous, enjeu d’accueil de l’autre – même si des mesures sanitaires nous séparent extérieurement -, enjeu de témoignage ; et aussi à trouver dans ce temps des pratiques qui en feront un moment de croissance, de fraternité et de communion ?

  • N’est-ce pas le moment de mettre au cœur de nos vies quotidiennes le soin et la solidarité envers les autres, en particulier les plus fragiles ?
    Il appartiendra à chacun de nous d’inventer les gestes et les attitudes qui nous permettront de rendre ce choix fondamental effectif, en sortant du « je » pour passer au « nous ». C’est un beau défi à relever qui nous aidera à nous situer, non pas en individus chargés de leurs seules préoccupations personnelles, mais dans une communauté de frères et de sœurs, d’amis.
  • Nous sommes touchés au cœur par les horreurs qui viennent d’être perpétrées à deux reprises et qui nous questionnent sur la réponse à donner au terrorisme qui développe ses courants maléfiques et meurtriers au milieu de nous et, sur ce que devient l’homme dans ce monde cruel et violent. N’est-ce pas le moment pour nous, croyants, de donner plus de contenu à l’injonction du Christ : « Aimez-vous les uns les autres » et de lui répondre avec force ?
    On ne construit pas la société sur la haine, sur le mépris et le rejet de l’autre. A l’heure des gestes-barrière, écoutons Saint Paul nous parler du Christ dans la lettre aux Ephésiens : « Dans sa chair il a détruit ce qui les séparait : le mur de la haine. En lui vous êtes ensemble intégrés à la construction pour devenir une demeure de Dieu par l’Esprit. » (Ep 2, 14-22).
  • Nous avons écouté jeudi soir le premier ministre dresser la liste de tout ce qui est fermé dans nos villes et nos villages, et nous nous en rendons compte par le vide qui se crée autour de nous. N’est-ce pas le moment pour nous, croyants, de nous ouvrir au dynamisme de l’Esprit qui traverse notre cœur, nos familles et nos communautés, afin d’être créateurs de tout ce qui nous permettra d’aller à la rencontre des petits et des souffrants, de mettre de la vie, de l’espérance, de l’amour dans tous nos liens ?

J’ai voulu partager avec vous en ce jour de la Toussaint ces quelques réflexions. Qu’elles soient pour nous des repères sur un chemin de sainteté à inventer jour après jour dans la confiance.
Que ce temps soit aussi celui de la rencontre du Seigneur dans la prière, dans une lecture fréquente de la Parole de Dieu. Puisse celle-ci être pour chacune et pour chacun une nourriture qui réconforte, qui relève et qui sauve. N’hésitez pas à la partager avec d’autres. Les nouveaux moyens de communication offrent beaucoup de facilités à cet égard. Et surtout que ce temps soit pour nous une occasion de prier les uns pour les autres. Je veux vous assurer que ce sera mon cas pour vous. Permettez-moi de vous dire que je n’en attends pas moins de votre part.

En fraternelle communion.

Le 1er novembre 2020

+Marc STENGER
Evêque de Troyes