Il y a des voyages qui ne sont pas seulement des déplacements, mais de véritables rencontres d’Église. Mon séjour à Medellín en a été une, intense et lumineuse. Depuis longtemps, je souhaitais me rendre dans cet archidiocèse, tant l’échange des dons entre nos deux diocèses – Troyes et Medellín – est une grâce pour notre Église particulière. Cet échange, né de la fraternité et de l’amitié entre deux évêques, est devenu, au fil des années, un témoignage vivant de la communion ecclésiale.
La richesse des rencontres
Ce qui m’a marqué dès mon arrivée, c’est la vitalité de la foi et l’engagement sans réserve des acteurs du diocèse. J’ai eu la joie de rencontrer les séminaristes du séminaire conciliaire et ceux du séminaire Saint Jean-Paul II des professionnels, des jeunes hommes qui préparent leur vie presbytérale avec un sérieux et une ferveur inspirants. Leurs questions, leurs attentes, leur désir de servir le Christ et son Église m’ont touché au cœur
Les célébrations ont été des moments forts, où la foi populaire, si lumineuse, s’exprime avec une simplicité et une profondeur qui édifient. Dans les paroisses, surtout celles des quartiers populaires, j’ai été frappé par l’affluence des demandes de bénédiction – un signe tangible de cette soif de Dieu qui habite le peuple colombien. Chaque rencontre était une grâce de la foi partagée, où la prière, les chants et les témoignages créaient une atmosphère de joie et d’espérance.
L’engagement social : le pain et la Parole
Medellín est aussi une terre d’engagement social, où l’Église est présente là où la vie est la plus fragile. J’ai pu voir des initiatives où l’on distribue le pain et la Parole, où la charité et l’annonce de l’Évangile vont de pair ; je n’oublie pas les gens de la rue réunis dans la cathédrale pour un temps de catéchèse. Les petites communautés qui se réunissent autour de la Parole de Dieu, avec une catéchèse vivante et des témoignages de foi joyeuse et engagée, m’ont montré que l’Église est avant tout une famille de croyants unis par l’amour du Christ.
Une visite marquante a été celle d’une école tenue par les Oblates de Saint François de Sales, dans une région où la violence semble avoir le dernier mot. Là, j’ai vu comment l’éducation, portée par la foi, peut apporter la paix et ouvrir des horizons d’espérance pour les jeunes. Un exemple concret de la manière dont l’Église, par son action éducative et sociale, transforme les réalités les plus difficiles.
La joie des retrouvailles
Un autre moment de grâce a été la rencontre avec les prêtres de Medellín qui sont venus à Troyes au cours de ces 23 dernières années. Leur relecture éclairante et exigeante de leur expérience dans notre diocèse a été un vrai cadeau. Leurs témoignages, leurs souvenirs, et surtout leur reconnaissance pour l’accueil reçu ont renforcé le lien entre nos deux Églises. J’ai aussi eu la joie de rencontrer les familles de ceux qui sont actuellement à Troyes, un signe supplémentaire de cette fraternité qui dépasse les frontières, avec un très beau témoignage de foi des familles.
Action de grâces
Je reviens de ce voyage le cœur rempli de joie et d’action de grâces. Medellín m’a offert bien plus que des paysages ou des découvertes culturelles : j’y ai vu l’Église inspirante, une Église qui vit de la Parole, qui célèbre avec ferveur, qui s’engage avec audace pour les plus pauvres, et qui tisse des liens de fraternité entre les continents.
Que ce séjour soit pour nous, à Troyes, une invitation à approfondir cet échange de dons, à vivre toujours plus la communion avec nos frères et sœurs de Medellín, et à laisser la joie de l’Évangile illuminer nos vies et nos communautés.
« Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là, au milieu d’eux » (Mt 18, 20)
+ Alexandre, évêque de Troyes
















